Chroniques gourmandes de Bretagne

Recettes et astuces au fil des saisons

Retrouvez mes chroniques gourmandes:

chaque mercredi dans le Poher-Hebdo

chaque mercredi vers 12H30 sur Radio Bro Gwened, et tout le temps en podcast sur

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Introduction aux Chroniques gourmandes de Bretagne

 

« Quand j’ai rencontré Martine Bleuzen, elle quittait tout juste les bancs de la fac de lettres à Rennes, une licence de psychologie et une maîtrise de linguistique en poche, mention très bien pour cette dernière s’il-vous-plaît, délivrée par celui dont les séminaires étaient courus à l’instar de ceux de Lacan : le fameux Professeur Jean Gagnepain. « Et… qu’allez-vous faire avec votre maîtrise de linguistique ? Ce n’est pas avec ça que vous allez gagner votre pain !

- De la cuisine », avait répondu La Martine.

 

Foin d’université ! Bretonne têtue et intelligente (deux pléonasmes !), la Glazik qui n’est pas tout à fait une bleue en matière de fourneaux (ses ragoûts de la rue au Duc à Rennes ont enchanté mes papilles d’étudiante), tient restaurant en centre Bretagne durant quinze ans. La Truite de Quénécan et sa cuisine de bonne femme en ont régalé plus d’un. Elle aura tenu la gageure de gagner, sa vie durant, son pain, avec une tambouille bien à elle, qu’elle s’invente en apprentie du langage des pots, cette fois.

 

Touiller les mots,

Accommoder les mets,

Raccommoder les restes,

Jongler en saisons et arrières saisons,

Fouiller dans les tiroirs de cuisines, plus encore dans des arrières cuisines, (comme le linguiste creuse le mot pour atteindre la structure de sa langue),

Et, suprême bonheur, en humer le fumet !

 

Les racines maternelles des Capitaine, une lignée de capitaines de bateaux de pêche, s’ancrent à Douric ar Zin du côté de Concarneau, la mémoire fait ici long feu ! Côté paternel des Bleuzen, un grand-père cuistot à New York, mar plij ! Le père travaillait à l’IGN, l’Institut Géographique National : il marquait les points géodésiques de la France ou de l’Algérie où l’auteure fut conçue. Déjà dans le déplacement, toujours les valises, dans le sang une histoire de nommer les choses, et dans la longue-vue, l’idée de faire bouger les lignes : de pêche ou de langue (…) »

 

 Introduction aux Chroniques gourmandes de Bretagne, par Madeleine Ropars, écrivain de la mémoire